Une confusion est couramment entretenue entre les besoins fondamentaux de l’adulte et des « besoins compulsifs ».
Cette confusion émerge en réaction au « doutes de soi » profondément occultés.
Cette confusion au sujet de nos besoins, confirme « une vison infantile de soi et des autres » et de « la réalité ».
Le mécanisme « d’observation » se fixe dans cette « vision limitante de soi ».
Les conflits internes qui en résultent, rendent souvent impossible la satisfaction de nos besoins fondamentaux.
Par compensation, les besoins compulsifs émergent à niveau mental, psychoaffectif et/ou spirituel…

NOS BESOINS FONDAMENTAUX

Nos actions sont motivées par des besoins fondamentaux qui découlent de notre condition humaine, à savoir :

  • Besoin de sentir sans limites l’existence et de donner libre cours à l’expression de notre autonomie d’adulte.
    Depuis la petite enfance, chacun de nous a constaté que personne d’autre ne pouvait vivre notre vie à notre place, non plus notre mort. C’est pourquoi le besoin d’incarner notre autonomie d’adulte, tant sur le plan physique, matériel, intellectuel, que psychoaffectif, s’est développé plus ou moins progressivement.

    Cependant, la plupart des enfants ont été soumis à l’ utilisation psycho-affective ou corporelle que ses parents ou d’autres adultes ont faite d’eux, afin de satisfaire leurs propres « besoin compulsifs ».
    Cette utilisation a comporté une atteinte à l’intégrité physique, psychoaffective ou moral de l’enfant.
    Les enfants utilisés psycho-affectivement ou abusés physiquement soit par l’un des parents, par d’autres adultes ou par une communauté religieuse, politique ou autres, n’ont pas pu développer complètement leur besoin d’autonomie, voire pas de tout. Pour cette raison, ils ont « adopté » inconsciemment  l’une des « identités mentales » décrites ici, avec les besoins compulsifs que chacune manifeste.
  • Besoin d’une sécurité de base tant dans le plan corporel, matériel, intellectuel, que psychoaffectif.
    Ce besoin se développe ensemble avec le premier besoin. Il ne s’agit pas seulement du besoin d’avoir un toit, de la nourriture et des vêtements… Nous avons tous le besoin fondamental du respect de notre intégrité physique, intellectuelle et psychoaffective, par exemple.

    Grâce à ce respect, l’enfant peut développer naturellement l’expression de son espace intérieur et donner cours libre à ses inclinations spontanées.
    Cependant, les enfants qui ont été utilisés, voire abusés physiquement, psycho affectivement ou moralement, n’ont pas pu développer leur autonomie d’adulte dans tous les aspects de leur existence.
  • D’autres besoins qui découlent de ses derniers et de notre nature humaine, sont aussi fondamentaux:
    – Besoin de variété, de stimulation physique, émotionnelle et intellectuelle.

    – Besoin de reliance à une famille, à un couple, à une société, à une nation, tout en respectant l’autonomie de chacun.
    – Besoin d’auto-estime de soi, besoin de contribuer ou d’apporter quelque chose de soi aux autres.
    – Besoin d’intimité, besoin de partager l’amour, de communiquer, d’échanger et de créer une interconnexion avec les autres.
    – Besoin de satisfaire la curiosité, besoin d’évolution, de changement d’activités, besoin de nouveaux horizons.

Nous ressentons tous ces besoins, selon les circonstances et situations de notre vie.
Cependant, comment pourrions-nous les combler si notre attention se focalise par exemple sur une perception de « manque » attachée à une sensation de « vide intérieur » ?

LES BESOINS COMPULSIFS

Les besoins compulsifs décrits ici correspondant à « neuf croyances identitaires ».
Ce sont des « représentations mentales de soi » autour desquelles se construit notre psychologie entière.
Les besoins compulsifs « compensent » la croyance de base de l’enfant : – je ne suis pas ce que je devrais être…

Voici les neuf croyances identitaires et ses compensations…

1. Le mécanisme de « l’observation de soi » se focalise sur ces certitudes :
je suis incorrect (e), je suis imparfait (e), je suis pourri(e), je ne suis pas ce que je devrais être…
Pour compenser ces idées, il crée les besoins compulsifs suivants :
Besoin stressant d’éviter l’incorrection et l’imperfection…

Besoin de perfection, de discipline, d’impeccabilité, de droiture…
Besoin de contrôler ses désirs et pulsions pour éviter l’incorrection…
Besoin d’être correctement fort et adulte.
Besoin de s’évaluer et d’évaluer et de se juger pour éviter l’incorrection…
Besoin de prouver la supériorité de l’esprit sur le corps…
Besoin d’éthique, d’idéaux moraux, de gérer sa destinée et celle des autres en imposant « la loi » et des règles perfectionnistes basées sur la vertu.
Besoin de s’améliorer, de se transformer, « d’être guidé (e) »  par une autorité parentale ou spirituelle vertueuse et perfectionniste.

2. Le mécanisme « d’observation de soi » se focalise sur ces certitudes :
je suis sans valeur, je ne vaux rien… je n’existe que par le regard des autres, par leur reconnaissance de ma personne.
Pour compenser ces idées,
il crée les besoins compulsifs suivants :

Besoin d’éviter sa sensation de manquer de valeur.
Besoin d’être généreux(se), de plaire, d’aider, de combler les besoins des autres…
Besoin de séduire par toute cette activité et d’obtenir la reconnaissance, l’appréciation…
Besoin de séduire par une image charismatique, séduisante et sensuelle.
Besoin de briller, de rayonner, d’être admiré(e)… par l’aide apportée.
Besoin de se glorifier intérieurement pour sa générosité.
Besoin d’être flatté(e), aimé(e) et admiré(e)… pour sentir sa valeur.
Besoin de combler les besoins des autres, même si les autres ne demandent rien.
Besoin et d’être reconnu(e) par des services rendus, tout en négligeant ses propres besoins.
Besoin de se rendre indispensable pour avoir de la valeur aux yeux des autres.
Besoin de faire des demandes infantiles de reconnaissance, « proportionnelles à l’aide apportée », pour se sentir exister.

3. Le mécanisme « d’observation de soi » se focalise sur ces certitudes :
je ne suis pas capable de faire. Je ne peux pas sentir de l’empathie, car je suis affectivement et émotionnellement vide…
Pour compenser ces idées, il crée les besoins compulsifs suivants :

Besoin d’utiliser les autres pour son approvisionnement narcissique.
Besoin de s’identifier à « une image » basée sur l’idée d’être quelqu’un de spécial, d’omniscient.

Besoin de regarder son reflet dans tous les miroirs et dans les yeux des autres.
Besoin de réussite, de succès, même si cela implique de « faire semblant »…
Besoin d’accomplissements matériels et sociaux pour agrandir son image.
Besoin de chercher la réussite sociale par tous les moyens.
Besoin d’être vu(e) comme étant intelligent(e), fonctionnel (le) et expéditif (tive).
Besoin compulsif de grimper dans l’échelle sociale pour obtenir un statut.
Besoin de faire semblant à propos de compétences sociales, matérielles, spirituelles…

4. Le mécanisme « d’observation de soi » se focalise sur ces certitudes :
je suis nul(le) je suis inadéquat(e), je n’ai pas de la place, je suis abandonné(e), l’univers m’a abandonné(e).
Pour compenser ces idées, il crée les besoins compulsifs suivants :
Besoin d’être adéquat(e) et approprié(e), tout en se dénigrant.

Besoin d’obtenir une place dans le monde tout en croyant que le manque de place est réel.
Besoin d’être quelqu’un de très spécial en adoptant une attitude mélancolique et/ou mélodramatique.
Besoin de languir de mélancolie, de languir d’amour pour quelqu’un d’inatteignable, tout en s’auto-dénigrant…
Besoin de s’autodénigrer dans l’amour comme moyen de « s’élever ».
Besoin de souffrir pour les autres, d’introjecter leurs souffrances, leurs problèmes…
Besoin de tout analyser, de tirer des conclusions qui confirment sa détresse et sa confusion.

5. Le mécanisme « d’observation de soi » se focalise sur ces certitudes :
je n’existe pas. Les autres peuvent épuiser mon énergie ou mon existence s’ils s’approchent trop, même s’ils me regardent.
Je manque de consistance. Je manque d’êtreté…
Pour compenser ces idées, il crée les besoins compulsifs suivants :
Besoin de s’isoler, de se retenir, de se sauvegarder, de se cacher des autres, de se maintenir à une certaine distance…

Besoin de se protéger du regard des autres qui est ressenti comme menaçant.
Besoin de fuir l’intimité car elle est interprétée comme une menace à son existence.
Besoin de s’éloigner, de se dissocier des autres ou de les maintenir à une certaine distance sans trop s’impliquer…
Besoin de se cacher des autres, tout en craignant leur rejet.
Besoin de maintenir  les autres à distance et de les observer.
Besoin de combler la sensation de vide en se remplissant de connaissances abstraites concernant les autres, le monde, l’existence, la mort, l’au-delà…

6. Le mécanisme « d’observation de soi » se focalise sur ces certitudes :
je suis seul(e) et séparé(e) dans un monde hostile, dans un monde menaçant, dans un monde qui me disqualifie, dans un monde imprévisible, dans un monde insécurisant…
Pour compenser ces idées, il crée les besoins compulsifs suivantes :
Besoin de se rassurer en utilisant le contrôle, l’hyper-vigilance, le scepticisme, le doute…

Besoin de contrôler les « intentions cachées des  autres » et de les soupçonner…
Besoin d’anticiper le mensonge, la trahison, le complot…
Besoin de projeter sur les autres ses propres soupçons de trahison ou de danger.
Besoin de preuves de sécurité à partir de cadres de référence sécuritaires.
Besoin d’une orientation théorique et de raisonnements logiques pour se rassurer.
Besoin de chercher la sécurité en étant l’autorité et/ou en se reliant à une autorité d’apparence sécurisante, qu’elle soit spirituelle ou autre. Besoin de se révolter contre l’autorité.
Besoin de se relier aux autres tout en ressentant une séparation et une solitude persistantes.

7. Le mécanisme « d’observation de soi » se focalise sur ces certitudes :
je suis incomplet(e), je suis insuffisant(e). Ma vie n’aucun sens si je ne la remplis de quelque chose de spéciale.
Pour compenser ces idées, il crée les besoins compulsifs suivants :
Besoin de se remplir de projets excitants et bouleversants pour ressentir de l’enthousiasme et de l’excitation sur un futur fantasmé.

Besoin de gratification en reportant les contraintes et les obligations et en privilégiant le plaisir…
Besoin de se « gargariser » ou de se délecter de tout ce qui semble « extraordinaire » et d’obtenir des connaissances idéalisées ou un savoir hors du commun dans le but de se compléter.
Besoin d’idéalisme, du non-conventionnel, de rébellion, d’idéologies et d’activités révolutionnaires… Besoin de se sentir intellectuellement supérieur(e) ou spécial(e).
Besoin de justifier ses conduites et ses rêves par le mécanisme de rationalisation.
Besoin de séduire les autres par la parole, par des histoires racontées, en montrant son savoir et en  évoquant des truismes, des clichés et des sophismes…

8. Le mécanisme « d’observation de soi » se focalise sur ces certitudes :
je suis impuissant(e) et démuni(e).
Pour compenser ces idées, il crée les besoins compulsifs suivants :
Besoin d’obtenir le pouvoir, de dominer par la compétition, par la gestion illusoire du monde en imposant sa propre vérité arbitraire et sa propre justice.

Besoin de nier les sentiments et d’éviter l’intimité et les sensations de vulnérabilité qui sont interprétées comme des faiblesses.
Besoin d’obtenir un plus haut niveau hiérarchique par l’acquisition matérielle, par le statut social, par la politique…
Besoin incessant d’excès, de stimulation sensorielle, de sexe, de luxure, de stress, de vitesse, d’épices, de musique intense et forte …
Besoin de vengeance, de s’exprimer en utilisant de cruels sarcasmes, l’ironie, l’humiliation, le sadisme, l’intimidation,  la colère…

9. Le mécanisme « d’observation de soi » se focalise sur ces certitudes :
je suis sans amour. Il n’y a pas d’amour… Ma mère ou mon père ne m’a pas aimé(e). L’amour est « localisé dans une personne » qui ne va jamais m’aimer…
Pour compenser ces idées, il crée les besoins compulsifs suivants :

Besoin de se sur-adapter aux autres pour obtenir de l’amour ; besoin de suivre les désirs de l’autre, de se soumettre.
Besoin de se faire utiliser au nom de l’amour et d’utiliser les autres au nom de l’amour.
Besoin de s’oublier soi-même, de s’anesthésier, de s’engourdir psycho-émotionnellement et d’endormir la colère ou sa passion pour la vie…
Besoin du confort psycho-émotionnel pour se désensibiliser vis-à-vis du stress.
Besoin de suivre une autorité spirituelle dans le but d’obtenir un amour imaginé suprême.
Besoin d’oublier et de nier ce qui se passe et ce qui s’est passé…
Besoin d’avoir une appartenance familiale comme moyen d’obtenir de l’amour et de le donner…
Besoin d’une forme de stabilité matérielle attachée à l’accumulation de souvenirs et d’objets liés à la famille.
Besoin de se remplir de collections de toute sorte y compris d’objets transitionnels comme des nounours, poupées…

Pour incarner complètement notre autonomie d’adulte il est fondamental de…
désactiver nos peurs inconscients,

démanteler les croyances restreintes associées à notre histoire,
nous réveiller du passé et du personnage adopté dans l’enfance,
nous libérer des besoins compulsifs qui en découlent.
Cela est possible par la pratique de l’Autoquestionnement Non Duel.

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